Ma parole a été mise en doute, mes droits n'ont pas été respecté et mon intégrité fondait au soleil. J’ai dû subir un lavage de    cerveau i.e. un test polygraphique (détecteur de mensonges) pendant plus ou moins quatre heures pour éliminer le doute qui planait dans la     tête des gens. On m’a questionnée depuis ma tendre enfance  jusqu’à aujourd’hui, faisant remonter à la surface des  souvenirs profondément enfouis. Et comme si ce n’était pas assez, j’ai dû me rendre à la salle de bain sous surveillance policière.


Oui bien entendu, j’ai accepté de le subir ce détecteur de mensonges pour arrêter cet enfer de stress avec lequel je    ne pouvais plus vivre et pour conserver mon lien d’emploi, mais surtout les responsabilités monétaires.

On m’a enlevée mon sentiment de sécurité au travail et ailleurs, on m’a froidement violée froidement sans considération.
Vous aurez beau essayer de comprendre ce qui m’est   arrivée, de me suggérer de ne pas dramatiser, de ne pas paniquer et de prendre cet événement comme une expérience de vie, mais lorsque vous êtes suspect aux yeux de votre employeur et de vos collègues, la honte et la peur sont les seuls amis qui vous restent.


 

Vous obéissez à ce que l’on vous dit, vous vous faites lire   vos droits, vous devez garder le silence alors que vous vous tordez d'envi de crier votre innocence, votre peine et votre colère.     On vous propose un avocat alors que n’en sentez pas le   besoin parce que, bien sûr, vous êtes une victime et non un suspect. De plus, les gens autour ne doivent pas se    prononcer en votre faveur à la demande de l’employeur,    pour ne pas entraver la justice.


La haine et l’agressivité m’envahissent. Je ferme les yeux    et je vis cet horrible drame dans le maintien de ma dignité    et de mon professionnalisme. Je me sens faible et fragile de retourner au travail et je refuse tout arrêt à long terme.      De par mon éducation, je regarde en avant, je cache ma souffrance et je me forme une carapace. Par contre, je n’ai tout simplement pas de force présente mais simplement l’amour de mon travail,  ma fierté et mon professionnalisme me donnent des ailes   pour poursuivre.


 

Lorsque tu es retenue, arrêtée, interrogée et reconnue suspecte aux yeux de la loi, la terre arrête complètement de tourner. Ton seul pouvoir de sécurité personnelle en      prend un coup, et tu sembles au yeux de la société et de la justice une personne sans foi ni loi malgré ton innocence. Tu souhaites du plus profond de ton être te réveiller de cet horrible cauchemar et lorsque tu es bien réveillée, tu te   rends compte assez rapidement qu’il n’y a pas de justice    pour les victimes.
 

 

Ça arrive et c’est tout; il faut te débattre pour obtenir     gains de cause ou bien tu avales ta pilule et tu ranges tout dans ton cœur jusqu’au prochain rebondissement avec la peur et la méfiance au quotidien.


Alors tranquillement tu chemines, tu ressens, tu crains, tu hésites et tu cohabites avec la trouille et avec ses maudites images d’un événement fort douloureux que tu espères       un jour voir disparaître à jamais de ta mémoire.

Quelqu’un un jour m’a dit avec bonté, « LE BON DIEU ENVOIE TOUJOURS CES ÉPREUVES AUX GENS CAPABLES D’EN PRENDRE », et je réponds sur ce,

« il reste que je demeure blessée en devoir ».


En écrivant une partie de cette lettre à l’époque, le seul réconfort humain que je pouvais me donner, était de     rompre le silence et le désir de crier mon innocence et ma haine vis à vis cette injustice inhumaine. J’aimerais   maintenant que le monde entier sache que la suspecte dans cette affaire a été blanchie par la police : j’ai été victime  d’une fausse accusation de vol portée contre moi.
, blessée en devoir.

Aujourd'hui, je dis merci à ma détermination, à mon courage et à ma bataille.  Je dis aussi merci aux amis(es), aux gens qui ont cru en moi et qui ne m'ont jamais abandonné.  Grâce à moi et à vous, j'ai gagné et si j'ai pu créer un précédent sur l'attitude à avoir dans de telles situations, et bien j'aurai réussi quelque chose de grand et de positif.